dimanche 16 juin 2019

Géant, mais impuissant!


Géant, mais impuissant!  Indomptable, mais coincé... C'est l'histoire de cette cigogne retrouvée ici à Chellah paralysée de peur, atterrée, mais ne pouvant plus planer dans les airs. Rien et personne ne semble accorder d'intérêt à une situation aussi critique. C'est comme s'il s'agissait d'un personnage en phase terminale d'un cancer. On n'attend plus rien. On le regarde mourir. C'est tout. J'ai expliqué à ma fille qu'il s'agit d'une vieille cigogne qui ne peut plus atteindre les cieux. Elle ne peut même plus voler. C'est comme si elle était privée de ses ailes. Ce géant que personne ne pouvait approcher était là, coincé entre quatre murs d'une époque médiévale.
Ce n'était pas une jeune cigogne, sinon les parents auraient couru et hurlé à notre approche. Personne ne se souciait du sort de cette vieille cigogne auparavant perchée sur les endroits les plus élevés (minarets et autres...). Ce géant des cieux n'a plus sa place dans aucun des sept cieux. Il ne joue plus dans la cour des grands. Il est là à espérer retrouver sa vigueur d'antan avant qu'un prédateur sans scrupules vienne l'achever. Malheureusement pour lui, c'est ainsi que sera faite la fin. C'est de cette manière que se terminera son calvaire. Quelle fin pour un maître des cieux!
Il aurait aimé qu'une balle imprévisible le frappe en plein vol. Au moins, il n'aurait pas été contraint à méditer longuement sur son sort, sans doute si scellé qu'il n'en doutait plus. Accepte-t-il ce sort? Est-il un mâle ou une femelle? Je n'en sais pas plus que vous. Ce que je sais, c'est que ce vaillant du ciel se trouve maintenant en bas, à terre. Lui, comme chacun de nous un jour, se retrouvera dans pareille position. Mais ce sera avec moins d'amertume que ceux qui n'ont jamais volé pourraient accepter leur position. Un ange déchu est sans doute un ennemi. Une cigogne déchue, détrônée, poussée en bas fait partie du règne animal et de la condition humaine aussi. Mais, contrairement aux humains, plus malins et qui trouvent une explication à tout, lui ne comprend sans doute pas ce qui lui arrive. Cela me rappelle un diplômé chômeur qui a été surpris que c'est lui qu'un gars en uniforme  matraquait si violemment qu'il avait perdu conscience. Cela me rappelle aussi le fameux poème «L'albatros» dans lequel Baudelaire se voit lui-même comme cet albatros malmené par les hommes d'équipage d'un navire, celui-là même qui n'était en mer que pour priver l'oiseau de sa subsistance.
J'ai sans doute trouvé du plaisir à être si près d'une créature si géante et si intouchable, mais j'ai éprouvé aussi de la compassion pour une créature que le temps a su rendre si impuissante!


vendredi 7 juin 2019

Avez-vous tout compris?

Pigé? C'est de cette façon qu'on a tous compris. Tout compris, sans comprendre. Mal comprendre et ne pas ou rien comprendre étaient devenus pareils!
Il y a peu nous avons eu à écouter un des nôtres répéter en arabe dialectal à chaque fin de phrase :   فهمتيني ولا لا
(Pigé?)
Vous l'avez déjà deviné chers lecteurs.
Un sacré personnage, un monsieur populaire, très populaire dont les décisions impopulaires en ont fait un homme détesté par les uns, mais aimé par les autres. Jamais les Marocains n'étaient si divisés au sujet de ceux qui les gouvernent. D'habitude, ils sont tous contre ou tous pour à 100 ou du moins à 99,9%.
 Certains ont voté pour la justice et le développement en tant que valeurs, d'autre ont voté pour le slogan et apprécié l'homme qui répond à leurs attentes non pas en prenant des décisions décisives qui amélioreraient leur quotidien ou leur avenir, mais parce qu'il parlait leur langue : la darija. Presque la moitié du pays est illettrée, plus de la moitié ne désirait rien d'autre que comprendre. Or, comprendre la politique est déjà un casse-tête pour ceux «qui savent». Voici un homme, comme la majorité des Marocains, qui veut nous faire comprendre, dans la confusion la plus totale, qu'il n'y est pour rien, tout en défendant ses bêtises, ses crimes pour certains, commis contre les siens. Un homme chéri parfois même par les victimes de ses décisions.
Un homme banni par les siens, par son propre parti politique...mais qui se plaît à lutter, à se défendre et à croire qu'il est compris, qu'il sera toujours compris. Toutefois, personne ne peut comprendre...même si l'on colporte ici et là qu'il n'était qu'une marionnette et que son show, drôlement déplaisant, était l'oeuvre de quelqu'un d'autre. C'est bizarre! Trop bizarre! Mais, c'est réel. Certaines contradictions dans ses décisions les moins importantes peuvent même presque faire croire que les revirements étaient dus à cet autre ou autres qu'on accuse. Mais, il n'en est rien. Son incohérence n'a d'autre explication compréhensible qu'il ne fait que tâtonner, qu'il ne tient aucune promesse comme tout autre politicien. En tout cas, en ce qui me concerne, j'ai exigé personnellement et par écrit une intervention de sa part concernant une affaire sur laquelle il venait de se prononcer par écrit. Il n'a rien fait, ni même répondu à ma requête. C'est comme s'il faisait semblant de prendre des décisions en votre faveur...Vous allez dire : Il ne peut donner suite à une doléance d'un seul citoyen, mais a-t-il répondu aux autres doléances, ou au moins a-t-il pris en considération celles de la moitié des Marocains? Pigé?

mardi 27 novembre 2018

L'amour éternel

On était ravi, aux anges, planant dans les cieux, 
C'est comme si on nageait ensemble dans un bonheur vicieux...
Une douce et agréable brise relève par moment ta mèche, révèle ton regard mystérieux. 
Tes lèvres charnues et colorées à la rosée 
Inspirent la douceur d'un printemps osé. 
Quand tu souris, l'éclat de ta dentition illumine chaleureusement l'espace, 
Immortalise l'instant et remplit de bonheur la place. 
Quand tu parles, le temps s'arrête, rien ne paraisse :  
Les êtres et les choses disparaissent. 
Il n'y a que toi dans mes bras. 
Il n'y a que nous ici-bas. 
Je te murmure ces mots que tu adores. 
Ce doux dialogue, parsemé de discours vrais que tu implores, 
Il nous bercent tels des bébés, 
Nous envhit tel le froid fouettant des âmes courbées, 
Tels des colombes perchées sur une branche invisible, 
Celle de l'amour et de la passion infaillibles. 

Se détendre, se parler et s'adonner au plaisir du moment en jetant tout derrière soi, en oubliant même qu'on existe, en croyant à raison qu'on transperce le temps et l'espace qui emprisonne nos envies et au dessus du monde qui nous entoure, blottis, l'un contre l'autre, tels des nuages, transcendant l'époque, défiant les frontières du soir et du matin, c'est ce qu'on a toujours ardemment désiré...
Voilà, on y est enfin. 
Rien ne tourmentra notre quiétude madame. 
Rien ne nous gênera. Aucun trouble, aucun drame.
Car pour nous, c'est l'amour qui rame 
Pour nous mener à des ports débordant de charme. 
Des deux côtés de notre limpide chemin, 
Se dressent mille et une marguerites à dessein,
C'est comme pour nous rappeler la tiédeur de la saison, 
C'est comme pour nous dire : aux autres la folie et à vous la raison. 
Mais nous, nous sommes devenus irrationnels 
Pour avoir goûté à cette sensation solennelle, 
Celle de la passion folle et éternelle, 
En plein milieu du chaos du désir charnel, 
Au beau moment de cet été paternel.
Je me souviens de toi et me réveille en émoi, et je suis là bien vivant parmi les autres, parmi les estivants. Je ne veux et désire rien d'autre que de fermer la porte à toutes les autres, celles qui me chantent leurs vertues et celles auprès desquelles tout discours redemptoire s'était tu.  Je ne veux plus rien entendre, je ne cherche plus que ton beau coeur tendre. Je ne veux vraiment plus rien, je veux seulement que mon corps soit le tien.
Tiens donc ce corps vigoureux puisque je te l'offre en amoureux. Soyons une seule et unique personne du moment où je me plains et te pardonne de ne pas m'avoir offert ton corps en sacrifice bien que j'apporte mon coeur comme pierre à l'édifice.
Tiens et ne regrette rien, ni les erreurs, ni les rondeurs de tes reins, ni les contours de tes seins. Car moi, je t'ai aimé et chéri jusqu'à ma tombe fleurie. Mais, vain ce que tout cela m'importe, parce qu'avec moi ton doux souvenir me conforte, Oui jusqu'à la résurrection je me passionne, pour ton regard et ton corps me positionnent dans l'état et la saison que j'affectionne. Tu me tues, tu me fracasses, juste parce que je te trouvais plus cocasse. Tu n'es surtout pas à mon goût si étrange mais plutôt une déesse qui, pour me servir, devient un ange.
Tu es ainsi, et je suis ainsi, l'ombre de nous-mêmes, l'esprit du messie.
Aime donc mon âme, efface les drames et rentres enfin là où finissent les drames, dans ce coeur aux mille portailles, dans cet havre de paix où rien ne vaille. Finis ta course de deux mètres dans le lit même qui t'a vu naître, celui que je te prépare comme dernier rempart, le nôtre celui au pied duquel se heurtent tous les brouillards. Car notre amour est limpide, et remplit par la passion toute vilaine ambition et bien sûr toute pareille prétention. Car nous sommes aux anges, bien que cela te paraisse vraiment étrange!

vendredi 23 novembre 2018

Blessure et guérison

Les hommes et les femmes sont des êtres complexes, des créatures douées de facultés les différenciant, tout en les rapprochant, de toutes les autres créatures.
Bizarres et imprévisibles, les personnes pensent et repensent aux mêmes choses...Elles se perdent dans leurs pensées et croient enfin à leur destin, tout en refusant d'admettre leur condition : celle d'être là pour disparaître un jour ou l'autre. Ils veulent la pérennité sans pour autant avoir la moindre idée de la raison d'une telle ambition.
Blessants et téméraires dès leur enfance, puisqu'ils meurtissent, voire lacèrement jusqu'au sang les mamelons de celles mêmes qui les mirent au monde, ils nourriraient ensuite les desseins les plus improbables pour leurs semblables.
Si la jalousie, l'appât du gain, la vengeance sont les mobiles les plus en vue de leurs crimes les plus sordides, ils peuvent se montrer encore plus féroces sans aucune raison. Les agressions fortuites, la violence gratuite ne sont pas moins remarquables chez notre espèce.
Ces êtres qui paraissent doux et doués de raison ne laissent guère transparaître les griffes de la bête qui les habite ou qu'ils habitent. Ils sont à l'affût de la moindre occasion de nuire aux autres et de blesser leur prochain.
Qu'il s'agisse de blessures physiques ou morales calculées ou non intentionnelles, les victimes en gardent les traces ou les séquelles qui les motiveront à faire de même à leur tour un jour.
Ces mêmes créatures ont inventé le bien et les nobles valeurs qui sont, à mon sens, «non humaines» car contre-nature. Ces principes sublimes qui nous ont obnubilé depuis longtemps brouillent les esprits et conduisent inéluctablement à une implacable et profonde déception. Cet idéal qui n'existe pas ou peu et auquel croient les hommes et les femmes car les belles histoires, celle qui nous rendaient joyeux, sont celles qui finissent bien, celles qui se terminent sur une note positive, celles dont la fin coïncide avec le triomphe du bien sur le mal...C'est un leurre qui dénote encore plus à quel point nous sommes cruels. Comme s'il ne suffisait pas que le mal soit omniprésent, il fallait nous faire croire que le bien existe et que les forces du bien finissent par vaincre les pires maux qui sévissent partout.
Chez nous, on commence et finit des journées pénibles, et tout compte fait, malheureuses, par des salutations où le bien et ses substituts (lumière, roses...) sont les mots d'ordre. C'est certain: plus cynique que ça, ça n'existe pas! Ou pire que ça, ça serait la mort comme disait l'autre qui a fini par nous crier que c'est formidable! C'est fort minable! Ne l'admettez-vous pas?


mercredi 7 novembre 2018

Sacrifice et sacrilège

Il n'y a rien dire...Que le sacrifice soit qualifié de nul et non avenu, c'est déjà la fin du monde pour celui qui se sacrifie. L'ingratitude peut être comprise dans d'autres situations, mais en cas de sacrifices durables, c'est pénible de l'admettre. Tout peut être digéré hormis l'action de se jeter dans la gueule du loup. Lorsque cela est mal compris, c'est l'incompréhension qui vous submerge. Mais, ça serait mal comprendre les gens d'aujourd'hui : hostiles, ennemis de l'empathie, cruels envers ceux qui leur font du bien. Ils sont nombreux, ces êtres qui vous détestent sous prétexte qu'ils vous aiment. Ce sont des personnes qui ne savent pas du tout ce qu'elles veulent en ce monde. Elles ne sont là peut être que pour empoisonner l'existence aux autres, leur pourrir la vie, leur dire que tous leurs efforts ne valent rien du tout, que leurs sacrifices, aussi nombreux et variés soient-ils, ne veulent absolument rien dire! Il s'agit de vampires et non de personnes comme toi et moi. Il s'agit d'individus qui renient toute action en leur faveur, qui vous accusent, qui vous reprochent d'être celui que vous êtes mêmes si vous n'êtes rien d'autre que leur fidèle serviteur. Rien à dire, n'est-ce pas?

L'absurde

Dans les rues de mon pays circulent les rumeurs et les vérités. Dans les mêmes rues s'activent les gens dans la poursuite de leurs objectifs quotidiens.
Mesquins sont les objectifs et vaines sont les vérités. Ils croisent sur leurs chemins des univers fictifs, des institutions sensées les servir... Tous, oui nous tous, sommes à la merci de cet univers, à cet hippodrome gigantesque qui nous dicte sa loi de hasard. Rien ne tient plus au mérite, mais au hasard, à la coïncidence, à la chance. Les gens vivent avec. Ils savent qu'il ne s'agit que de
l'illusion d'une vie, que du simulacre d'une réalité, celle-là même qu'ils désirent changer.
Ils continuent pour autant à se dire : c'est pas grave!
Personne ne prendra le contre-pied d'une telle affirmation. Tous, vraiment tous, baignent dans la même mer des ténèbres en pleine terre : le brouillard est intense, les rochers dangereux et imprévisibles. Quant aux vents, ils soufflent fort, mais ne mènent que vers l'inconnu et l'incertain. C'est vain d'essayer, ça serait absurde de naviguer...On se courbe tous face à cette tempête trop bête.
Une intransigeance sans nulle pareille est la seule réponse de ces responsables qui le sont moins quand tout dérape. Ils se dérobent à leurs devoirs, occultent leur mission première : servir le citoyen, car ils sont au service d'un agenda malsain...Un agenda où se brouillent les cartes et les visions. Je les ai déjà dépeint ces supérieurs dans une autre chronique :  «la supériorité: une illusion». C'est illusoire de croire en eux et encore plus illusoire d'espérer qu'ils changeront de cap ou qu'ils prennent conscience de la gravité de l'effet de leurs actes. Ils ne se font plus prier. Ils sont sans pitié. Heureusement qu'il existe encore un brin de dignité chez mes semblables pour dénoncer ce mal, cette tragédie, cette folie, cet absurde qu'ils nous imposent sans scrupules.

Une marche de couleur

Sur le sable fin des dunes marocaines,
Marchaient de braves hommes sans inquiétude,
Affrontant les vents de sable et le soleil brûlant par une volonté africaine.
Rien n'empêche leur marche, rien ne gêne leur quiétude...

Après tout, ils sont nombreux et forts de leur conviction:
Retrouver leur terre et les leurs sans frictions.
N'ayant que le drapeau et le Saint Coran comme arme,
Ils partent à une reconquête pacifique qui ne manque pas de charme.

Oeuvre d'un roi éclairé, la marche est une idée lumineuse,
Transcendant l'espace et le temps de l'époque.
C'est un miracle, une manoeuvre prestigieuse,
Faisant la fierté de ce pays exceptionnel qu'est le Maroc.