vendredi 13 septembre 2019

Le métier de femme (Acte VIII)

Bien qu'elle soit fragile et docile, la femme, comme l'homme aime l'aventure et les sensations fortes. L'homme peut être qualifié de téméraire, la femme aussi. Elle aime l'aventure bien plus que la majorité des hommes, contrairement à ce qu'elle laisse paraître.

Dans certains cas, elle peut être bien plus aventurière que l'homme. Les films, les séries et autres œuvres de fiction dépeignent la femme comme étant un être retiré, réservé, replié sur lui-même et inquiet tout le temps. Ce n'est pas vrai ... La femme n'est pas synonyme d'angoisse, ni d'inquiétude. Ses sentiments sont plus forts, c'est tout.

Bien des femmes défient la peur et la raison. Ce sont les lionnes qui partent à la chasse et se sont les femelles, toutes espèces confondues, les premières à être capturées. C'edt un témoignage qu'elles sont plus téméraires et moins peureuses. Non?

Sous-estimer la femme, c'est ne pas la connaître suffisamment pour juger...
Biologiquement moins solide que l'homme, mais elle peut prendre les mêmes risques, sinon plus.

mercredi 11 septembre 2019

Le métier de femme (Acte VII)

En cette rentrée scolaire, la femme fait les comptes : un plus un est égal à deux. Mais si 1+1 est égal à deux, comment est-il possible que 2 multiplié par deux est égal à 4 alors qu'une remise de 25 pour cent est prévue et annoncée si on inscrit les deux enfants ensemble. Comme elle, le mari a le tournis. Aucun problème n'était signalé au préalable. Il faut tout gérer sur le tas, dans l'immédiat...Si c'est si simple pour lui, pour elle c'est "la merde" toute cette histoire. 

La femme désire contrôler ce qui l'entoure même si cela la dépasse. Lui, quand tout dérape, c'est dans l'ordre des choses. Il a vite compris. Mais elle, elle ne veut rien comprendre, plus rien comprendre. Si c'est rose, c'est rose...si au départ c'était tout blanc, pourquoi ça tournerait au cauchemar?
Si pour lui, il n'y avait plus aucune vérité, pour elle, la vérité n'est pas plurielle.

La logique est ainsi perdue; la gestion des comptes aussi. Pourtant, tout cela devait être simple, une affaire très banale. Mais, c'est exactement l'inverse qui se produit. Comme son mariage qu'elle a toujours l'impression de ne plus contrôler, les comptes sont volatiles et finissent par lui échapper.

Il y a bien eu une remise, mais il y a eu aussi cet imprévu : les livres ont changé. Ceux du fils aîné ne conviennent plus à la cadette. Il y a donc un trou énorme dans ce budget aussi serré que la succession des Aids (fête de Ramadan, Aïd Elkébir et Achoura).

Elle a l'impression qu'une seule journée sépare les trois occasions impliquant de revoir, réviser, réadapter le budget. Vivre au dessus des moyens n'était jamais à l'ordre du jour, mais c'etait devenu finalement une habitude. Il faut faire avec, mais sans mauvaise surprise svp. Ne perturbez pas nos comptes svp. Laissez-nous vivre svp...SVP...

mardi 10 septembre 2019

Le métier de femme (Acte VI)

Je ne sais pas pourquoi on n'enseigne pas à l'école que la formation d'un fœtus débute par un la formation du cœur. A quatre semaine, le foetus qui  pèse moins d'un gramme est composé d'un élément central : le cœur. On peut l'entendre distinctement lors de l'échographie. Ce cœur microscopique palpitant fait la joie des couples qui s'y attendent. Si c'est la première fois, la femme est submergée par des sentiments si énormes et si complexes qu'elle ne peut décrire. Ce ne sont pas uniquement les émotions de joie et de surprise qui l'habitent maintenant, c'est le summum du plaisir et de la fierté. Concevoir un être, désirer se reproduire, avoir une descendance, s'éterniser par une partie de soi sont autant de pensées qui traversent l'esprit de la femme enceinte. Elle donne la vie...Elle est devenue, elle même, créatrice et donneuse de vie.

Mais, songez un moment à ce que peut ressentir une femme quand elle découvre qu'elle aura un bébé à la suite d'un viol. Elle n'aura certainement pas les mêmes pensées. C'est un cauchemar! C'est une situation cataclysmique! Que faire? C'est la question qui taraude son esprit pour le moment. Cet enfant, elle n'en veut pas. Elle n'a pas pensé auparavant à le concevoir. Si elle décide de le garder, il ou elle lui rappellera pour toujours le traumatisme qu'elle a vécu. L'enfant, lui-même ne connaîtra jamais son père car aucun des cinq gayards qui l'avaient violée ne fut interpelé par les forces de l'ordre.

Supposons qu'ils avaient été arrêtés, aucun d'entre eux n'accepterait d'être le père d'un tel enfant. D'ailleurs aucun d'entre eux ne mérite d'avoir une descendance. Voilà un être humain dont personne n'en veut avant même sa naissance. Voilà une femme qui se retrouve une seconde fois violée. On l'a violé à plusieurs et on est encore plus nombreux à violer son droit de s'en débarrasser et de tourner cette page sordide de sa misérable existence.

L'avortement est un droit dont la femme doit se prévaloir en ce genre de situation, mais elle en est privée. Elle sera accusée d'être meurtrière par bon nombre d'individus : dans notre société, plus de 90 pour cent sont contre l'avortement pour des raisons culturelles, religieuses ou autres qu'elle qu'en soit les motifs de ce choix, sans doute amère, mais salvateur pour une jeune ou moins jeune femme...
Il peut s'agir d'une femme mariée qui enfantera quelques mois plus tard un enfant qui portera le nom du mari malgré tout même si celui-ci était absent durant plusieurs mois.

Une calamité que certains accepteraient, mais qui n'accepteraient jamais que la femme décide autrement. Que Dieu nous préserve et vous préserve de toute pareille situation. Une situation où le métier de femme prend tout son sens et dans un monde où l'homme seul gouverne et décide pour lui pour elle qu'elle soit sienne ou non...
A suivre...

lundi 9 septembre 2019

Le métier de femme (Acte V)

Qu'elle soit coquette, allumeuse ou à la candeur repoussante, elle sera traquée, gênée non pas seulement par des sifflements comme on en faisait jadis et qui flattaient visiblement l'orgueil de toute femme, mais bien par des discours où l'obscène se mélange à l'obscur. Elle est poursuivie, pourchassée, interpellée, touchée...on dirait une gazelle qui vient de passer devant des félins affamés. C'est une proie à ne pas rater! Il faut au moins la gêner, la châtier d'être une femme.

Le harcèlement touche les femmes de tout bord, de tout âge qu'elles soient écolières, mariées, divorcées ou veuves. Parfois, le mot "gazelle" est rappelé à la passante. Loin de vouloir dire à celle-ci combien elle est élégante, cette comparaison n'est faite que pour rappeler à la femme qu'elle est une créature faible dépourvue de griffes. Les griffes et les canines sont l'apanage de ceux qui traquent, ces chasseurs toujours aux aguets. A les voir, on dirait des personnes sans armes. En vérité chacun porte en permanence une arme camouflée...

Ces jeunes harceleurs  sont en fait des apprentis violeurs. Ils ne tarderont à user de leur arme contre une fillette, une jeune femme ou une femme d'un âge plus avancé. Tout comme le harcèlement, le viol est une expérience surtout féminine. Elle ne devient masculine que lorsqu'il n'y a pas ou presque pas de femme. Dans les prisons, par exemple. Seulement, les conséquences de cet acte sordide sont énormes au point d'être désastreuses et incalculables, voire inqualifiables.

Comment peut-on décrire cet acte et ses conséquences souvent insurmontables? C'est un traumatisme! Au delà de toute blessure physique, les séquelles d'un tel drame font partie des expériences extrêmes sur le plan psychologique.

Une femme violée se retrouve coupable...coupable d'être au mauvais endroit et au mauvais moment...coupable d'avoir été choisie par un violeur cruel...coupable d'être une gazelle au lieu d'être un tigre...coupable de ne pas avoir su se défendre...coupable d'être une femme au lieu d'être un homme. 
Quoi de plus mesquin que de renier son identité sexuelle à cause d'un acte sexuel?

Le métier de femme (Acte IV)

Elle domine le monde celle-là ! Elle est plus forte que ses congénères qu'ils soient des hommes ou des femmes. Elle a ce don de prédire l'avenir, de vous dire ce qui va et ce qui ne va plus dans votre couple, dans votre vie personnelle ou professionnelle. C'est une voyante. Elle peut vous faire part de ses craintes, décrire avec précision vos envies et vos désirs les plus secrets. Elle peut voir dans les yeux de ses visiteurs la tristesse, l'inquiétude, le désarroi et l'impuissance. Elle a vocation de femme dominante dans la sphère qui est la sienne. 

Pourtant, cette femme n'exerce ce métier que depuis une dizaine d'années. Après le décès de son mari, "magicien" de profession, elle était contrainte de chercher une source de revenus. Mais en 25 ans de mariage, elle n'avait appris que les tours de son défunt mari. Elle ne maîtrisait rien d'autre que les activités d'une diseuse de bonaventure. Elle a commencé. Cela a marché à merveille. 

Ses jeunes filles, expertes en réseaux sociaux collectent facilement pour elle sur le net toutes les données sur les clientes et les clients. Cette clientèle connectée facilite la tâche. Sur Insta, sur le face, le client a déjà tout dévoilé : ses désirs, ses réussites, ses craintes et ses faiblesses. C'est une bénédiction, le net!

Heureusement, son mari n'était ni pilote, ni astronaute. Il n'était pas non plus ni juge, ni avocat. Mais il savait juger, défendre et prendre les cieux pour le faire: vivre et faire survivre les siens. Cela a suffi à faire d'elle ce qu'elle était devenue: une personne qui ne sait rien, mais qui maîtrise tout. 

Elle contrôle sa clientèle, la tient en haleine exactement comme chaque client désire au fond de lui. Car quand tout vous échappe, vous aurez besoin que l'on contrôle pour vous le monde qui vous entoure. Elle force le respect de tous. Même les plus sceptiques la croient dotée de pouvoirs surnaturels. C'est vrai. Elle a un pouvoir surnaturel, celui de pouvoir subvenir aux besoins de sa famille malgré tout. Oui, malgré tout...
A suivre ...


dimanche 1 septembre 2019

La profession de femme (Acte III)

Certaines femmes méritent des statues. Ces femmes que je rencontrais au bord du train reliant Marrakech à Tanger sont à applaudir. Elles ne pèsent chacune que quelque cinquante kilogrammes au départ, mais plus de cent au retour. Pour échapper aux agents de la douane, elles enfilent une trentaine, sinon une centaine de pyjamas, se coiffent d'une multitude de foulards. Elles grossissent pour la bonne cause: le pain quotidien.

On doit les admirer ces femmes aussi que l'on nomme les mulets. Pour moi, les mulets sont leurs maris incapables d'un tel exploit : défier les autorités, le mauvais temps, les intempéries tout en portant une centaine de kilos leur courbant le dos pour quelques sous. Ces femmes remplacent les hommes, dépassent les hommes...

Tout au long du trajet reliant les villes du Sud à celles du Nord, elles racontent leurs aventures et surtout leurs mésaventures conjugales. L'une d'elles avait découvert que son mari la trompait, l'a même pris la main dans le sac. Elle a vite compris qu'il attendait juste qu'elle prenne le chemin de la gare pour que sa convive vienne la remplacer.

Elle raconte aussi comment, par perspicacité, elle avait dû pardonner un acte aussi sordide pour protéger son foyer. Les autres étaient toutes d'accord et se félicitaient qu'une des leur puisse mettre tout le mal au second plan pour que la routine ne soit perturbée par un acte d'une lâcheté et d'un cynisme extrêmes.

Ces hommes ingrats sont des chats, voire des rats, avec qui il faudrait continuer à coexister même s'ils salissent le foyer, disent-elles. Ces femmes et bien d'autres sont admirables. Elles sont si rationnelles qu'on dirait des hommes, si fières d'avoir pardonné qu'on dirait des déesses. Prendre leur mal en patience est leur devise. Eles sont de vraies femmes ces Marocaines oubliées...  
À suivre...

vendredi 30 août 2019

La profession de femme (Acte II)

La femme est une femme. Qu'elle soit célibataire, mariée, divorcée, veuve, elle est une femme. L'homme, lui, peut être un mari ou un homme tout simplement. Un mari ne peut être célibataire, ni divorcé, ni veuf, mais il est toujours un homme.

Pour des centaines de millions de femmes, être femme c'est être une épouse. Le sentiment de complétude n'est ressenti que le jour du mariage. C'est cette association qui lui permet enfin de confirmer sa féminité à elle même et aux autres...Elle a été élue par un homme, son mari. Peu importe ensuite que cet homme soit Charles Bovary au lieu du prince charmant. Peu importe qu'il soit incapable de subvenir aux besoins de la famille. L'essentiel c'est d'avoir enfin cet homme, cette clé qui n'ouvrira peut être jamais la serrure, mais donnera l'impression de pouvoir le faire.

La femme de ménage ou la femme de chambre, en devenant épouse, devient femme au foyer. En tant que telle, elle fera le linge, le ménage et la salle des opérations reproductives. Elle prend soin de son foyer et assurera sa pérennité en étant femme dans son propre foyer et, parfois, dans les foyers de femmes contraintes de quitter le leur pour des raisons professionnelles ou personnelles.

La femme est un être surnaturel. C'est en elle que se construise l'espèce humaine. Un ventre gonflé est une vision banale, très banale quand il s'agit de celui d'un homme (politique) par exemple, mais cela est un miracle métaphysique, magique, surnaturel quand il s'agit d'une femme qui porte un bébé.

Etre enceinte est une chose extraordinaire. Un autre être vivant est en train de se former à l'intérieur même d'un autre être vivant.  Les mammifères ont ce privilège : la création ne se passe pas à l'extérieur, mais bien à l'intérieur. Et l'homme, contrairement à la femme, sera toujours étranger à cette sensation exclusive des femmes.

Bien souvent, les femmes préfèrent garder leur bébé coûte que coûte ! quitte à vivre en tant que mère célibataire...Un exploit, n'est-ce pas ? 
À suivre...