mercredi 31 octobre 2018

Le règne de l'injustice

Le déséquilibre, la perversité, la maladie sont les maîtres-mots qui définissent notre société actuelle. Un peuple qui manque de tout, qui manque surtout de lucidité. Des pans entiers de la vie des individus furent, pendant longtemps, marqués par l'injustice et la malchance, tant et si bien que les uns deviennent injustes envers eux-mêmes, envers leurs parents, leurs frères, leurs amis, leurs voisins et leurs semblables. Une injustice fortuite, une conduite qui n'est dictée que par la persécution voulue, préméditée à l'instar de celle que l'on subit depuis toujours...

Il semble que nous sommes en pleine jungle, dépourvus de toute faculté mentale, tels des animaux, des bêtes, voire pire. On est prêt à tuer, sinon à meurtrir nos mourants jusqu'à ce qu'ils préfèrent la mort à la vie.
Le vice devient, pour tous, un sport national. On cherche, inlassablement, au-delà de toute valeur superflue, à violer les règles. Un comportement subversif, un dérèglement progressif prend possession de nous, nous submerge, nous terrasse.

J'ai su résister...qui a pu le faire? Puis-je encore le faire?...Je n'en sais plus rien : la maladie est contagieuse et le terreau est d'autant plus fertile pour la germination de pathologies semblables, voire à d'autres bien plus ravageuses...Que le Tout-Puissant rétablisse les âmes tourmentées, qu'Il fasse en sorte que tout cela disparaisse, qu'Il nous épargne des maladies et des malades, qu'ils soient psychopathes ou sociopathes...Qu'Il fasse en sorte de créer un monde plus équilibré et moins malade, plus sûr et moins cruel, plus juste et moins partial...

La situation est désespérée au point que l'on ne requièrt plus que des solutions métaphysiques...Les choses deviennent ce qu'elles sont car les personnes ne sont plus ce qu'elles prétendent être. Tout est décor, mise en scène, simulacre d'un réel accepté, voire espéré...

Les gens, gouvernés par leurs bourreaux, par ceux qui les tiennent en laisse tels des animaux, tels des esclaves, ne veulent plus s'en défaire, mais désirent que  l'on voie d'un bon œil leur animosité envers leurs semblables. Ils ne vénèrent plus rien, n'apprécient plus rien, hormis leur égo démesuré et avide de plus d'écrasement de leurs congénères...

Comme toi et moi, chacun, ou presque, est devenu un être polymorphe ne guettant que l'occasion de devenir injuste envers son prochain faute d'agir injustement envers l'humanité tout entière. 

lundi 29 octobre 2018

L'albatros

Une des choses que l'on a l'habitude de vivre en ces temps-ci, c'est d'être contredit...Je trouve que c'est plutôt hilarant que l'on soit contredit surtout par des individus beaucoup moins avisés, nettement moins instruits et bien moins intelligents... Je trouvais, par exemple, très flatteur que l'un de mes anciens étudiants me demande conseil pour l'enseigne de son restaurant. Il m'a interpelé pour me dire qu'il a besoin de l'équivalent français du mot arabe : Annawrass. Je lui ai rapidement posé la question sur le contexte, pour en savoir plus et pour lui donner le meilleur équivalent possible. Il m'a répondu que c'est le nom qu'il a enfin choisi pour son restaurant. J'ai dis qu'il n'y a pas de meilleur équivalent que l'albatros. Mais, quelques jours plus tard, l'enseigne était là, affichée avec comme appellation en arabe : «annawrass» tel que prévu, mais avec comme équivalent : «la mouette» et pas l'albatros. La mouette et non l'albatros. Je n'ai préconisé cette appellation que pour l'effet sonore, bien meilleur que celui de goéland ou de mouette..Mais, cette personne insignifiante a opté pour mouette. C'est un choix personnel. Mais, j'en ai fait depuis une affaire personnelle. C'est comme si j'étais «l'Albatros» de Baudelaire, «exilé sur le sol au milieu des huées», gêné par la horde qui m'entoure ici-bas, malmené par les hommes d'équipage au lieu de planer dans le ciel, bien au loin et au dessus des «gouffres amers» de l'ignorance et, par dessus tout, de l'insolence des uns et des autres, ceux «qui ne savent rien» selon le texte sacré, mais qui ne peuvent s'empêcher de faire semblant de tout savoir, de tout comprendre et de contredire ceux qui en savent bien plus.
Dans les discussions courantes, celles de tous les jours, l'on a la sensation que toute personne veut être un albatros, celui qui a une bien meilleure visibilité, celui qui sait tout et a toujours une explication à tout. Un vrai savant...Un connaisseur des choses incertaines et vides de sens.
Les soi-disant albatros sont là. Ils sont nombreux et téméraires. Ils n'accepteront jamais l'existence de l'albatros réel que pour s'en moquer. On ne se soucie plus de la vérité, mais plutôt de celui qui la détienne. Celui-là ne doit absolument pas être des nôtres. La vérité, elle-même, nous est étrangère. Pourquoi s'attend-on alors qu'un albatros nous apporte la sienne puisqu'on est prêt à adhérer à celle de la mouette?!

vendredi 26 octobre 2018

L'humour, l'humeur et l'horaire

Je ne suis pas d'humeur à faire de l'humour. Mais, tout le monde en veut, y compris moi-même. Je vous en donne et ne m'en préserve pas. Hier, j'ai beaucoup ri, tellement ri que j'avais les larmes aux yeux...Comme vous, je ne suis content de rien, mais, je ris; j'ai cette sorte de fou rire parce que tout va bien. On n'est bien dans ce bled qui nous impose tout. On n'est bien parce que c'est ce qu'on veut, c'est bien qu'on prenne soin de nous, de notre santé, qu'on nous cajôle...C'est exactement ce que font les responsables, les nôtres. Ils ont eu l'ingénieuse idée de nous faire épargner du changement d'horaire. Plus la peine de songer à un changement d'heure chers amis. Nous avons décidé deux jours seulement à l'avance que vous ne devriez pas ou plus vous en souciez. Nous gardons la même heure. Pourquoi la modifier? On garde l'heure d'été pour l'hiver aussi. Ça vous inquiète? Ça ne devrait pas cher citoyen. Enfin, on le fait pour vous...Plus de changement à l'horizon. Rien, sauf celui qu'on préconise pour vous. Et, tenez vous bien, on a dû le faire 24 heures seulement après avoir pris la décision inverse. Notre Conseil de gouvernement est à votre service. Il peut se réunir très rapidement et exceptionnellement pour faire l'impossible afin de mieux vous servir. Voici un gouvernement digne de ce nom. Il pense à nous. Il pense à nous faire plaisir. C'est un bon gouvernement. Un de ces gouvernements que nous aimons parce qu'il a pensé à nous...un sacré gouvernement pour un sacré pays pour un peuple déshérité...Un peuple qui ne comprend rien...Mais qui a toujours un besoin incessant de comprendre pourquoi on nous veut du bien, parce qu'il ne s'attend plus à rien. Personne ne s'y attendais, y compris certains membres du gouvernement qui ne veulent que du bien de chaque citoyen, qu'il soit marocain ou algérien.... 
26/10/2018

jeudi 25 octobre 2018

Crépuscule permanent 2

Les valeurs, les vertus, tout comme les vertueux et les valeureux, disparaissent, ou du moins s'amenuisent, s'épuisent, s'estompent...L'honnêteté, ah oui...C'est fini. A une époque, même les voleurs avaient un grain d'honnêteté. Maintenant celui qui vous vole, le fait en plein jour, mais il vous dit en même temps qu'il n'a rien fait. Il ne reconnaîtra jamais son crime. Pire, il peut même vous accuser d'être trop susceptible, sinon paranoïaque. De plus en plus de gens ont aujourd'hui tendance à mentir, à déclarer l'inverse de ce qu'ils pensent, à user de superlatifs là où il ne faut pas, à accuser les autres, ceux qui ne leur ressemblent pas d'être des personnes stupides, naïves...On dirait des êtres de façade...Sinon des prédateurs perpétuels, des criminels calculateurs, enfin des personnes avisées quand il s'agit de faire du mal à autrui.
Nous serons prêts à éviter tout vol direct. Oui, c'est à ce besoin que répondent les banques en vous octroyant une carte magique, une carte qui remplace les billets. En parlant de billets, que vous en avez ou pas, vous aurez toujours un tour dans votre sac : une carte bancaire ou, mieux une carte de crédit. Mais, là encore, on vous vole. On vous vole alors même que vous vous croyez à l'abri. On ne vous vole pas uniquement votre argent, mais votre vie réelle, véridique et authentique. Vous n'êtes pas ce que vous êtes, ni celui que vous prétendez être. Vous habitez une demeure qui n'est pas la vôtre, vous conduisez une voiture qui n'est pas la vôtre, et ailleurs, vos propres enfants ne sont pas les vôtres même lorsqu'ils partagent votre ADN et celui de votre conjoint.
 Chers amis, vous n'êtes pas à l'abri du crépuscule du jour même si vous pouvez trouver une échappatoire à celui de la nuit.
Il faudra se retrancher et fermer son cœur et son esprit à clefs de peur de les compromettre, de les perdre, de les voir voler en éclats dans ce monde voleur et fier d'une élévation vers des cieux pernicieux, vers le loin, l'incertain...Car ce qui est certain, c'est que le monde est à l'envers pour de bon.
Rien, absolument rien ne changera les hommes, ni les idées brillantes de certains philosophes, ni mêmes les préceptes des messagers et prophètes...

mercredi 24 octobre 2018

Crépuscule permanent

En voulant écrire sur ce sujet, j'ai relu le crépuscule du soir de Baudelaire. Une triste vérité, celle qui se révèle la nuit...Mais Baudelaire parlait d'un passé lointain. Moi, je veux parler du crépuscule d'aujourd'hui. Celui qui ne signifie plus le début de la nuit, mais la nuit du jour. D'ailleurs, ici comme ailleurs, vous serez d'accord, on ressent l'obscurité envahir la lumière. N'avais-je pas dis précédemment que les étoiles mêmes s'eclipsent.  Oui, c'est une vérité que l'on voudrait pas voir, ni examiner et encore moins comprendre. Que l'obscurité soit! Personne ne remue plus le petit doigt. On se lamente, on se contente de ce qu'on peut faire. Rien à faire. C'est déjà trop tard. On ne fait rien, après tout, cela ne nous regarde pas, nous le regardons...et laissons faire...
Toute la méchanceté des êtres est révélée au grand jour...Chacun dirait c'est pas moi, ce sont les autres...Ces autres, nos semblables pour qui la nuit n'est plus un abri, ne camoufle plus leurs manoeuvres sordides.
C'est le crépuscule partout et à tout moment.
On vous vole, on vous agresse, on vous torture, on vous tue pendant le jour et pendant la nuit. Rien n'empêche la débauche, rien n'empêche de vous voler votre journée, votre travail, votre effort, vos biens et tout ce que vous considérez comme acquis. On vous vole tout le temps, à chaque minute, à chaque moment du jour ou de la nuit.
On vous vole ce que vous avez pu avoir et ce que vous désirez avoir. On vous vole vos biens et vos envies, vos gains et vos rêves. On vous déleste de tout ce que vous avez pu, pendant le jour ou la nuit, acquérir ou bâtir. On attend ce que vous allez produire pour le voler, toujours en plein jour, toujours sans scrupules qu'il fasse jour ou nuit...A suivre...


dimanche 21 octobre 2018

Titre et sous-titres (suite)

Les sur-titrés et les sous-titrés sont devenus tous pareils. Ils partagent tous les mêmes idées insignifiantes et colportent les mêmes rumeurs. Mais cela plaît au public. Un public que l'on veut incessamment élargir pour vendre au plus grand nombre. Pour conquérir tous les marchés, il faut cibler toutes les catégories...Tout le monde doit être impliqué.
Or, ceci est inquiétant. C'est dangereux! A force de vouloir plaire à tous, on tombe dans la futilité. On propose ce qui est creux, ce qui est frivole et inconsistant. Au cinéma, dans les chansons, dans les productions littéraires, dans tous arts, un seul mot d'ordre : la bassesse. Il est regrettable ensuite d'accuser l'école de tous les maux au moment même où elle accuse, elle aussi, le coup de la futilité voulue, recherchée, réinventée pour plaire à tous, à la horde, à la racaille, aux personnes comme aux bêtes...aux personnes-bêtes...aux individus à la culture au degré zéro...à ceux qui vous plaisent cher lecteur et qui ne sont rien de plus qu'une variété de nous-mêmes


jeudi 11 octobre 2018

Titres et sous-titres

«Les titres sont importants dans la vie», «il faut que tu aies des diplômes», nous répètaient les membres de la famille, les amis. Si sincères et au discours si convaincant, ces personnes ne se doutaient pas une seconde que ces titres seront un jour mis en vente, qu'ils ne seront plus des titres, mais des sous-titres...
Comme je l'ai déjà dis, ce capitalisme va finir par tous nous tuer. Oui, il a déjà fait des êtres des choses...Il a chosifié les personnes;  il a transformé nos envies, nos ambitions en des choses vides de sens ou vides tout court.
À me lire, à m'entendre m'exprimer certains diront que je suis communiste. Ceux-là, et ils sont les plus nombreux, ont toujours toute l'audace de juger les autres sans avoir la moindre idée sur le sens de ce qu'ils avancent. Ces presqu'illettrés sont partout. Ils affichent leur sourire et leurs sous-titres. Le docteur x et le docteur y ont affirmé que...ont salué, se sont félicités de...ont répondu, ont réagi...Ils ont tout fait!!!
Tout est fait. Dans le marché, ils trouvent désormais les titres en vente et les choses à dire, les positions à prendre et les idées à combattre...À suivre...