Il a eu cet enfant. Il a enfanté un second. Et puis, plus rien. Rien ne se profile à l'horizon. Ni nouveau-né, ni nouvelle chose ne vient plus gêner sa quiétude de mari et père. Il a su orchestrer ce coup de maître : un fils et une fille en 3 années de mariage. Il est comblé. Puis, rien ne vient plus, ni les enfants, ni le rizq censé les accompagner. Les comptes sont à sec! Les enfants sont maintenant à l'école. Bien sûr au privé. Qui voudrait encore de l'école publique? Il aurait bien voulu ne rien payer, mais bon tout le monde maintenant opte pour le privé. Lui et madame se sont mis d'accord: leurs enfants iront à l'école des "Génies", la meilleure et la plus chère de la ville. Mieux côtée, c'est vrai, mais à la performance hasardeuse. Ce sont quelques élèves d'exception qui font sa réputation en obtenant les meilleurs résultats. Comme l'école, notre ami se cache derrière ce statut de mari. Les résultats sont là : un foyer, une femme, deux enfants. Les temps sont durs, mais il y a eu du changement. Internet permet de renflouer les caisses...Depuis quelque temps, il s'est lancé sur Avito. Il publie tout type d'annonces (voitures d'occasions, accessoires, produits cosmétiques, téléphones et tablettes, apparts, locations de vacances...). Il est devenu un agent d'affaires virtuel car en réalité il ne possède rien de tout cela et n'a pas reçu la moindre demande d'un éventuel vendeur, mais publie tout de même ces annonces et attend qu'un éventuel acheteur le contacte pour débuter la chasse aux affaires. Plus tard, il créa une chaîne Youtube. Il se voulait maintenant maître de l'art de faire des affaires. Il apprend vite le putaclic (gros titres accrocheurs). Il raconte à qui veut écouter comment réussir à gérer les affaires, comment gérer une famille. Mais en étant Youtubeur, il eut moins de réussite jusqu'au jour où il décida de mettre sa femme à contribution. Il commença par la filmer en train de préparer la "chabbakia", puis le couscous, le tagine et autres trucs avant de décider qu'il valait la peine de faire de la téléréalité. Le quotidien de la famille est passé sous la caméra du lever au coucher du soleil. Il s'arrête là. Il a de la fierté lui. Il ne peut pas faire comme ceux qui filment même les scènes sous la couette pour les vendre directement aux sites spécialisés dans la pornographie. Il ne filme pas non plus ses crises de nerfs quotidiennes, ni les insultes qu'il lance à sa femme et à ses enfants. Dommage ! Tout ça aurait pu bien faire le buzz car bien d'autres maris et bien d'autres femmes aimeraient voir les scènes qui reflètent fidèlement leur quotidien. Les enfants aussi. Ils ne veulent pas être les seuls qualifiés de "nuls" et pire encore de "ratés" ou de "transsexuels". C'est une vie où les actes obscènes et cyniques sont monnaie courante...Quelle vie! Quel peuple!
jeudi 29 août 2019
mercredi 28 août 2019
La profession de mari (Acte IV)
Le mari est géniteur par définition. C'est une une mission à laquelle il ne peut échapper. Avoir une descendance est l'une de ses principales fonctions. C'est une source de fierté, une confirmation de sa virilité, une preuve qu'il est un homme. Partant, quelles que soient les conditions, il est impératif d'avoir des enfants. Que l'on soit riche ou franchement fauché, il est primordial, voire vital de faire un bébé. Pas besoin de planifier car, dit-on, à chaque nouveau-né le "rizq" (moyens de subsistance) est garanti. Aucune excuse n'est alors recevable. Il faut faire des bébés aussi souvent que possible, avec ou sans amour, avec ou sans moyens, avec la même épouse ou avec une autre...le géniteur se doit d'être un donneur de semences infaillible. Autrement, il est considéré comme incomplet, incompétent, et surtout impotent. Faire un bébé ne suffit pas. Il faut que ce bébé soit de sexe masculin. Il faut que le géniteur perpétue la tradition en faisant enfanter au moins un autre géniteur, sinon c'est un échec flagrant et inacceptable...Il faut qu'il y ait un i grec (y) dans l'équation. Un double x est une équation génétique à double inconnu.
À suivre...
mardi 27 août 2019
La profession de mari (Acte III)
Être mari est pour lui un aboutissement. Il est devenu un homme à part entière. Il est comblé d'être enfin marié. Il devient vite un personnage d'un autre bord, impitoyable et arrogant. Il est maintenant chef de sa propre entreprise. Il a sa propre "servante". Elle devra désormais s'occuper de lui, de son linge, de le nourrir et de le chérir jusqu'à ce que "la mort les sépare". Elle est enfin là à la portée, pour toujours, tous les jours...Elle est là celle qu'il chérissait tant. Elle est finalement devenue sienne. C'est un trophée qu'il ne tardera pas à s'en ennuyer. Il oublie tous les efforts qu'il a déployé pour la conquérir...il oublie tout...tous les mots qu'il peinait à trouver pour qu'elle soit contente de lui...Il oublie toute la souffrance qu'il endurait quand elle était mécontente. Elle était là, conquise, enfin dans la cage...Et lui, il était là régnant en chef suprême faute de l'être ailleurs. Ses compagnons lui racontent qu'il faut qu'il soit moins tendre, sinon plus cruel avec "Madame". Il ne faut pas se laisser faire, il faut prendre le dessus et qu'il est impératif que "le chat soit tué dès le premier jour".
Il faut être injuste envers sa partenaire. C'est important, disent-ils. Lui, qui vient de se marier, ne veut pas être de ce peuple que la "Houkouma" gouverne. Il s'emploie à faire autant de mal à cette femme qu'il chérissait sous prétexte que c'est le meilleur moyen de dompter une lionne fraîchement capturée. Une lionne ne mérite pas qu'il lui dise de belles paroles, mais de hisser son fouet ça et là en la menaçant...A défaut de fouet, il parle, comme le faisait son père, de l'éventuel usage de sa ceinture comme arme contre celle que jadis il aimait tendrement. C'est par amour, explique-t-il, qu'il prévoit de frapper cet être bien plus fragile pour supporter d'être grondé. Il ne fait qu'obéir aux préceptes de l'Islam, dit-il, pour justifier sa cruauté. Résignée, la femme encaisse, subit et parfois se montre fière qu'elle soit battue parce que c'est ainsi qu'agissent les maîtres envers leurs esclaves...
À suivre...
La profession de mari (suite)
Il y a de cela une vingtaine d'années, un professeur s'est présenté à ses étudiants en disant : "Je m'appelle (ses nom et prénom) et je suis très marié".
Un éclat de rire de quelque centaine d'étudiants a rempli la salle de classe.
Très marié, a-t-il dit. C'est comme s'il était possible d'être marié, mais à un degré moindre. Mais, après mûre réflexion, il avait raison de se dire très marié car, après tout, beaucoup d'hommes sont moins mariés. Ils ont gardé toute la splendeur et toutes les habitudes d'un pur célibataire. Rien n'a changé après leur mariage, ni leur train de vie, ni leurs penchants de personnages vivant individuellement et au gré du moment.
Le statut de mari, si facile à obtenir, n'était rien d'autre qu'une appellation dépourvue de sens. Ce sont des individus libérés de tout le poids des responsabilités d'un mari, d'un chef de famille, d'un père. Ils traitent leurs femmes comme s'il s'agissait de l'une de celles qui vendent leurs corps pour des sous quel qu'en soit le nombre.
Celles qu'ils laissent au "foyer" ne remplissent qu'une fonction: un objet sexuel, un produit charnel que l'on consomme sans ménagement et envers qui aucune contrepartie n'est prévue. Au moins les "p...s" reçoivent de l'argent. Pour celles-ci il s'agit d'une activité génératrice de revenus, contrairement aux femmes contraintes de se plier aux désirs de leurs "maris" sans rien attendre en retour.
C'est honteux qu'elles demandent, mais c'est encore plus honteux pour ceux qui les tiennent en laisse d'agir ainsi...
À suivre...
Un éclat de rire de quelque centaine d'étudiants a rempli la salle de classe.
Très marié, a-t-il dit. C'est comme s'il était possible d'être marié, mais à un degré moindre. Mais, après mûre réflexion, il avait raison de se dire très marié car, après tout, beaucoup d'hommes sont moins mariés. Ils ont gardé toute la splendeur et toutes les habitudes d'un pur célibataire. Rien n'a changé après leur mariage, ni leur train de vie, ni leurs penchants de personnages vivant individuellement et au gré du moment.
Le statut de mari, si facile à obtenir, n'était rien d'autre qu'une appellation dépourvue de sens. Ce sont des individus libérés de tout le poids des responsabilités d'un mari, d'un chef de famille, d'un père. Ils traitent leurs femmes comme s'il s'agissait de l'une de celles qui vendent leurs corps pour des sous quel qu'en soit le nombre.
Celles qu'ils laissent au "foyer" ne remplissent qu'une fonction: un objet sexuel, un produit charnel que l'on consomme sans ménagement et envers qui aucune contrepartie n'est prévue. Au moins les "p...s" reçoivent de l'argent. Pour celles-ci il s'agit d'une activité génératrice de revenus, contrairement aux femmes contraintes de se plier aux désirs de leurs "maris" sans rien attendre en retour.
C'est honteux qu'elles demandent, mais c'est encore plus honteux pour ceux qui les tiennent en laisse d'agir ainsi...
À suivre...
samedi 24 août 2019
La profession de mari
Aujourd'hui, les vendeurs de poulet, s'activent, reprennent leurs activités plus rapidement que prévu. La demande est croissante. Ce n'est pas l'Aïd El Kébir qui dicte sa loi, mais plutôt les cérémonies de mariage qui battent leur plein en cette saison estivale.
Se marier... ça semble plutôt courant, très courant, trop courant...Fonder une famille est sans doute une entreprise courante ne nécessitant a priori pas de démarches administratives compliquées. Or il s'agit d'une entreprise d'une importance capitale. Le mariage nécessite beaucoup de préparatifs, mais les mariés sont souvent moins préparés aux exigences de la vie à deux, et encore moins à la vie à trois ou à plusieurs quelques mois ou années plus tard.
Les pré-requis sont exigés partout, mais pas pour le mariage. Il n'y a pas de condition, ni de critère particuliers pour devenir mari. Pourtant, c'est une profession à part entière. Devenir chef de famille implique d'énormes responsabilités, mais on le devient de facto. C'est comme si le statut et le titre de mari peut être attribué à quiconque. Pourtant gérer une famille n'est en rien une mince affaire. C'est le métier le plus éprouvant et le plus exigeant qu'il y a sur terre.
Il ne suffit pas d'être un homme pour être un mari et encore moins un père tout comme il ne suffit pas d'être une femme pour être une mère. Dans un pays où certaines filles, à peine pubères, sont poussées au mariage, il est évident que l'on y croit : chacun et chacune peut fonder une famille.
Quand, au bout de quelques semaines, mois ou années l'échec est annoncé, on se rejette souvent la responsabilité en ayant en tête que cela aurait dû marcher et que les mariés, ou l'un d'entre eux, a manqué de patience...
A suivre...lundi 22 juillet 2019
Boycott et Conseil de la concurrence
Avant même la fin de l’année critique de 2018, le Maroc et
les Marocains semblent avoir tourné la page. A l’approche de 2019, le boycott
semble avoir disparu, volatilisé tout subitement comme il a commencé. Cette
disparition, cet arrêt du boycott semble à première vue inexplicable. Car même
aux cafés, on ne sert plus du café avec de l’eau minérale provenant de la rive
du Nord, tel que « Cazorla » et « Mondariz », ni des
concurrents nationaux, tels que « Ain Ifrane » ou « Ain
Soltane », mais bien une bouteille de « Sidi Ali ».
Les consommateurs ne se plaignent plus, n’échangent plus à
propos de ce sujet sur les réseaux sociaux. Quelque chose a dû arrêté tout
cela. En réalité, la disparition du boycott tient à plusieurs facteurs.
D’abord, et contrairement à leur réaction de départ, deux entreprises sur trois
ont reconnu publiquement leur défaite. Elles ont même détaillé l’ampleur des
pertes consécutives au boycott. Quant à la troisième entreprise, elle a choisi non pas
la presse, mais le contact direct et indirect avec les consommateurs les plus
mécontents, à savoir les jeunes.
Afriquia Gaz a amélioré la qualité de ses services en
essayant d’être plus à l’écoute de ses clients. Elle A également affiché les
tarifs les plus bas des carburants par rapport à ses concurrents. Dans les
espaces Afriquia, les animations pour enfants font désormais partie du décor
quotidien des aires de services sur le réseau des autoroutes du Maroc. Bien
plus, au niveau médiatique, elle est présente à travers un spot publicitaire
original diffusé avant et après les matchs de foot-ball.
Autant dire que les efforts pour se rattraper ont été
nombreuses et variées. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour expliquer
cet arrêt immédiat du boycott vers fin novembre 2018. Nous avons beau cherché
un événement qui coïncide avec cette date et qui peut nous fournir cette
explication dont nous avons besoin. Nous n’avons trouvé qu’un seul événement de
nature politico-économique d’une grande pertinence par rapport au boycott. Il
s’agit de la réactivation du Conseil de la Concurrence.
Cette instance constitutionnelle, restée inactive depuis 2013
jusqu’à novembre 2018, bien que son nouveau statut adopté depuis 2014 lui
confère des attributions plus élargies en matière de régulation des marchés et
de la protection du consommateur, en vertu même de loi 104.12 relative à la
liberté des prix et de concurrence adoptée la même année (2014), a enfin été
réactivée après la nomination par SM le Roi de son Président et de son
Secrétaire général le 17 novembre 2018.
Nous pensons que cet événement est de taille à donner aux
Marocains de l’espoir qu’à l’avenir leurs droits à une vie décente et moins
chère ne seront plus bafoués. Car ce Conseil dispose désormais d’un pouvoir
décisionnel et peut même infliger des
sanctions pécuniaires à l’encontre des entreprises qui prennent le consommateur
en otage.
Le marché dispose désormais d’un « arbitre
constitutionnel » qui peut intervenir au cas où mêmes les petites
entreprises se trouvent menacées par des pratiques anticoncurrentielles qu’elles
soient commises par des entreprises marocaines ou étrangères plus grandes. Il peut sortir
ses cartons jaunes et rouges face à toute contravention puisque les sanctions qu'il est à même d'infliger aux contrevenants peuvent atteindre 10% du chiffre d’affaires mondial ou national de l’entreprise
concernée.
Beaucoup d’ennemis du Maroc et mêmes certains de ses
soi-disant amis disent que tant que notre Roi est un homme d’affaires, il y
aura toujours un conflit d’intérêt. Je crois que c’est au contraire une chance
que notre souverain soit un entrepreneur si éclairé et qu’il a pu orienter le
gouvernement à adopter et à mettre en œuvre des lois qui peuvent protéger le
consommateur et inciter les entreprises à s’engager sur la voie d’un Maroc plus
moderne et plus prospère en assumant leurs responsabilités, y compris la
responsabilité sociétale.
Publié à l'occasion de la fête du trône 2019.
Publié à l'occasion de la fête du trône 2019.
Le boycott, une arme à double tranchants!
L’année 2018 est celle de tous les paradoxes au Maroc ! En
effet, 2018 a connu l’une des malversations politiques et économiques les plus
controversées avec l’affaire Saham et une sorte de complicité avec le ministre
de l’économie et des finances qui font profiter à cet assureur, grâce à un amendement dans la
loi de finances, la coquette somme de 360 millions de dirhams. c’est aussi
l’année d’un chaos économique marquant une période charnière qui sépare ce qui
la précède de ce que nous vivons actuellement. Etant témoin d’une conjoncture
économique défavorable, cette année a vu naître une forte protestation. Loin du
vacarme habituel des manifestations populaires dans les rues et espaces publics,
ce mouvement silencieux a été une réponse implacable à une situation qui ne
fait qu’empirer.
Attestant de la colère, autant des catégories défavorisées
que de la classe moyenne qui ne faisait qu’augmenter depuis le lancement des
premières mesures d’austérité dont la suppression de la subvention des prix des
carburants, le boycott a fait l’effet d’un pavé jeté dans la marre. Ayant été
sous-estimé au départ, ses conséquences tant sur le plan économique qu’au
niveau politique ne se sont pas fait attendre.
Mais, au-delà de sa dimension purement socioéconomique, cette
question a également des aspects politiques. C’est d’ailleurs de là d’où vient cette volonté qui ne se limite pas seulement à rendre compte d’un mouvement de
protestation, mais d’en déterminer les causes les plus profondes, d’en cerner
les différents aspects et d’en tirer les leçons.
Face à cette crise, ni l’anticipation, ni la gestion du
risque n’ont été au rendez-vous. Trois grandes entreprises semblent avoir été
piégées dans les filets d’un mouvement qui se nourrissait de facteurs aussi
variés que complexes. Leurs réactions et celle du gouvernement face au boycott
étaient pour le moins catastrophiques. Au lieu de tempérer et de calmer les
esprits tourmentés par une série de mesures défavorables, ces réactions ont
ajouté du feu à l’ardeur d’une sérieuse colère populaire. Les dégâts ont été
énormes à plus d’une échelle.
En
définitive, l’année 2018 a été l’année de la réaction du consommateur marocain.
N’ayant d’autres moyens de protection de ses droits, il a songé à
la vengeance économique : une solution qui a porté ses fruits, mais qui
a sans doute causé des dommages collatéraux pour une économie déjà en crise.
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