mercredi 24 octobre 2018

Crépuscule permanent

En voulant écrire sur ce sujet, j'ai relu le crépuscule du soir de Baudelaire. Une triste vérité, celle qui se révèle la nuit...Mais Baudelaire parlait d'un passé lointain. Moi, je veux parler du crépuscule d'aujourd'hui. Celui qui ne signifie plus le début de la nuit, mais la nuit du jour. D'ailleurs, ici comme ailleurs, vous serez d'accord, on ressent l'obscurité envahir la lumière. N'avais-je pas dis précédemment que les étoiles mêmes s'eclipsent.  Oui, c'est une vérité que l'on voudrait pas voir, ni examiner et encore moins comprendre. Que l'obscurité soit! Personne ne remue plus le petit doigt. On se lamente, on se contente de ce qu'on peut faire. Rien à faire. C'est déjà trop tard. On ne fait rien, après tout, cela ne nous regarde pas, nous le regardons...et laissons faire...
Toute la méchanceté des êtres est révélée au grand jour...Chacun dirait c'est pas moi, ce sont les autres...Ces autres, nos semblables pour qui la nuit n'est plus un abri, ne camoufle plus leurs manoeuvres sordides.
C'est le crépuscule partout et à tout moment.
On vous vole, on vous agresse, on vous torture, on vous tue pendant le jour et pendant la nuit. Rien n'empêche la débauche, rien n'empêche de vous voler votre journée, votre travail, votre effort, vos biens et tout ce que vous considérez comme acquis. On vous vole tout le temps, à chaque minute, à chaque moment du jour ou de la nuit.
On vous vole ce que vous avez pu avoir et ce que vous désirez avoir. On vous vole vos biens et vos envies, vos gains et vos rêves. On vous déleste de tout ce que vous avez pu, pendant le jour ou la nuit, acquérir ou bâtir. On attend ce que vous allez produire pour le voler, toujours en plein jour, toujours sans scrupules qu'il fasse jour ou nuit...A suivre...


dimanche 21 octobre 2018

Titre et sous-titres (suite)

Les sur-titrés et les sous-titrés sont devenus tous pareils. Ils partagent tous les mêmes idées insignifiantes et colportent les mêmes rumeurs. Mais cela plaît au public. Un public que l'on veut incessamment élargir pour vendre au plus grand nombre. Pour conquérir tous les marchés, il faut cibler toutes les catégories...Tout le monde doit être impliqué.
Or, ceci est inquiétant. C'est dangereux! A force de vouloir plaire à tous, on tombe dans la futilité. On propose ce qui est creux, ce qui est frivole et inconsistant. Au cinéma, dans les chansons, dans les productions littéraires, dans tous arts, un seul mot d'ordre : la bassesse. Il est regrettable ensuite d'accuser l'école de tous les maux au moment même où elle accuse, elle aussi, le coup de la futilité voulue, recherchée, réinventée pour plaire à tous, à la horde, à la racaille, aux personnes comme aux bêtes...aux personnes-bêtes...aux individus à la culture au degré zéro...à ceux qui vous plaisent cher lecteur et qui ne sont rien de plus qu'une variété de nous-mêmes


jeudi 11 octobre 2018

Titres et sous-titres

«Les titres sont importants dans la vie», «il faut que tu aies des diplômes», nous répètaient les membres de la famille, les amis. Si sincères et au discours si convaincant, ces personnes ne se doutaient pas une seconde que ces titres seront un jour mis en vente, qu'ils ne seront plus des titres, mais des sous-titres...
Comme je l'ai déjà dis, ce capitalisme va finir par tous nous tuer. Oui, il a déjà fait des êtres des choses...Il a chosifié les personnes;  il a transformé nos envies, nos ambitions en des choses vides de sens ou vides tout court.
À me lire, à m'entendre m'exprimer certains diront que je suis communiste. Ceux-là, et ils sont les plus nombreux, ont toujours toute l'audace de juger les autres sans avoir la moindre idée sur le sens de ce qu'ils avancent. Ces presqu'illettrés sont partout. Ils affichent leur sourire et leurs sous-titres. Le docteur x et le docteur y ont affirmé que...ont salué, se sont félicités de...ont répondu, ont réagi...Ils ont tout fait!!!
Tout est fait. Dans le marché, ils trouvent désormais les titres en vente et les choses à dire, les positions à prendre et les idées à combattre...À suivre...

lundi 8 octobre 2018

Rabat et le reste du Maroc

Rabat, ville impériale aux mille couleurs. Rabat, la capitale. Rabat, la sœur de Salé, Rabat, une merveille d'un Maroc qui n'en veut pas. Oui, c'est le destin de cette ville qui sort de l'ordinaire d'être aimée et haïe, d'être détestée pour être l'aînée et chérie pour être la plus belle des plus vieilles et la plus charmante des plus jeunes. Après tout, le temps n'est-il pas relatif comme nos impressions?
Les miennes sont toujours bonnes à propos de Rabat. Je la considère comme la seule et unique ville où il fait bon vivre. Ce n'est pas uniquement le fait qu'elle soit élue capitale de la culture du monde islamique, qu'elle soit nommée récemment ville des lumières, mais plutôt que c'est là-bas où l'on ressent que les choses changent. Rabat est un abri, c'est un refuge, c'est un endroit magnifique autant pour les rêveurs que pour les réalistes. À Rabat, je peux être moi et en même temps l'autre que je veux être. Je deviens dans cette ville le rêveur et l'entrepreneur, le fou et le très lucide. C'est cet amalgame, ce jeu de personnalités qui me fascine. C'est là-bas où le mariage entre authenticité et modernité est le plus réussi et il me plaît d'y être et d'y aller à chaque fois que possible.
Votre haine envers l'administration centrale et tout ce qu'elle vous a et vous fait encore endurer ne doit en aucun cas altérer votre jugement. Oui, il y a tout à Rabat. Tout est là, nos ennemis, nos gestionnaires, nos décideurs, nos hautes institutions, mais Rabat, Rabat n'y est pour rien.
Ce n'est pas la ville qui a enfanté les pires responsables de ce pays. N'extrapolons-pas. Rabat n'est ni la mère, ni le père des politiciens qui vous pourrissent la vie....

dimanche 7 octobre 2018

Sens d'AGOUJGAL et non sens du vécu

Oui AGOUJGAL n'est pas uniquement mon nom, c'est aussi une appellation d'un village, ou mieux, de plusieurs villages au Maroc. Ce nom berbère ou amazigh désigne littéralement une cascade. C'était au moment où l'eau coulait à flots dans le Maroc des profondeurs.
Selon Google, AGOUJGAL est le nom d'un patelin aux environs de Tata et d'une région bien plus proche de Marrakech, connue pour ses gisements en cuivre, d'après une étude, et située entre les deux villages de Sidi Rahal et d'Ait Ourir à quelques dizaines de kilomètres à l'Est de la ville ocre. C'est dans celle-ci que j'ai connu deux de mes camarades de classe les plus gentils et les plus drôles: Jamal et Yassine, originaires respectivement des deux villages précités.
Jamal est un enseignant et surtout un poète. L'un de ses poèmes que j'ai eu autant de plaisir à lire durant les derniers souffles du siècle passé était intitulé «L'apaganthe». Si j'ai eu des nouvelles de Jamal récemment grâce à Internet (il y a plus d'un an), je n'ai plus aucune nouvelle de Yassine depuis 1997, année à laquelle il semble avoir quitté la fac, déçu vraisemblablement par la note de notre prof de théâtre. Car même s'il avait joué le deuxième rôle de la pièce au programme et qu'il avait appris par coeur presque la moitié des répliques de Lorenzaccio, il n'a même pas eu la moyenne à l'examen de fin d'année. Moi non plus. Quant au rôle de Lorenzo, il fut interprété par une collègue qui, elle, est maintenant prof de lettres françaises à la même faculté où nous avons tous étudié. Elle, contrairement aux autres membres de la troupe, avait choisi dès la première session de disserter sur la désillusion d'Emma Bovary au lieu de l'absurdité de l'acte de Lorenzo de Médicis. J'ai fait pareil lors de la deuxième session à laquelle je n'étais ajourné qu'une seule fois durant mon parcours universitaire. J'avais estimé que j'aurais un avantage à écrire au théâtre au lieu du roman occidental en deuxième année de la fac. Mais, j'avais vite compris qu'il fallait oublier le théâtre et mon rôle dans cette pièce. Le prof en question semblait voir tout à l'envers. 
Avant l'Internet, j'avais reçu une lettre de Jamal à laquelle je n'ai jamais répondu. Il m'avait dit dans sa lettre qu'à son retour à Sidi Rahal, il avait dû fermer son cœur et son esprit à clef de peur de les compromettre au contact de gens qui ne tolère pas la différence.
Je n'ai pas répondu. Je me suis juste contenté de lire et de relire sa lettre dans laquelle il me rappelait combien j'étais spécial tel un poète, tel un prophète retranché seul dans cette chambre insolite située en pleine terrasse d'une demeure marrakchie du quartier Daoudiate. 
En vérité, j'étais comme Jamal à ce moment là, sans travail ou presque, sans repère, mais gardait cette chambre à Marrakech, symbole d'indépendance. Après tout, me disais-je, le loyer ne me coûtait que 20 euros par mois. C'est moins de 10 dhs par jour, mais je n'ai pas pu sauvegarder pour une année ce symbole de liberté, cet abri, ce refuge, ce coin de Marrakech que je chérissais...Pourtant, je n'étais ni éloigné, ni sans le sous, j'étais Benguerir, à 70 kilomètres au Nord de Marrakech et gagnait en moyenne 150 à 200 euros par mois en cours supplémentaires de français et d'anglais que je dispensais en faveur de lycéens de mon quartier. Je travaillais même dans une école privée, la seule de la ville,  et recevais une rétribution de 2 euros l'heure.
Le nom de cette école me revient maintenant. C'était «Essaada», qui signifie littéralement bonheur. Ce bonheur aurait pu être possible, réalisable et concret si j'avais plus de deux heures par semaine. Mais, c'était impossible. Le nombre total des bénéficiaires de la formation (en première et deuxième années) ne dépassait pas cinq personnes. Le bonheur du propriétaire de l'établissement devait attendre encore quelques années. A ce moment là, le privé, personne n'en voulait. L'école publique représentait encore une valeur sûre et une voie royale vers un avenir meilleur.
Une sacrée vie! Un sacré passé!

vendredi 5 octobre 2018

AGOUJGAL, C'est qui??

Se définir est bien souvent une entreprise aussi difficile que délicate. Le fait de se présenter ou de parler tout simplement de soi n'est pas aussi aisé qu'on pense. Rien qu'en prononçant son nom et son prénom, c'est comme si toute l'histoire personnelle est révélée, on a immédiatement la sensation de gorge clouée, une sorte d'étouffement qui paralyse la voix et perturbe l'élocution.
Se définir par écrit est sans doute bien plus compliqué. Il s'agit de raccourcir une vie de plus de 40 ans sans dépasser 40 lignes. C'est un article et non une autobiographie. De toute façon, je ne dois pas commencer par me plaindre de la difficulté de ce projet car la difficulté elle-même me définit selon mes proches.
De toute ma vie d'écolier, je n'ai jamais porté de surnom contrairement à la majorité de mes camarades de classe. Seuls mes grands frères ont réussi à me coller ce surnom : «le DIFFICILE». En vérité, c'est en reprenant ce qualificatif que j'utilisais pour me définir que j'ai eu enfin un surnom à l'âge de 16 ans!
Psy et pseudos psy, abstenez-vous de vous lancer dans une analyse d'une personnalité difficile à contourner. Car bien que l'arrogance semble sans équivoque, beaucoup qui me connaissent se disent étonnés de mon extrême humilité.
Parler de difficulté de se définir et de se présenter est déjà un indice de modestie puisque je suis enseignant universitaire spécialisé en communication interpersonnelle. J'ai appris à quelques 20 milles étudiants la manière la plus efficace de se présenter devant un public durant les 15 années de ma carrière à l'université.
A l'oral, j'étais franchement moins doué qu'à l'écrit. D'ailleurs, j'ai écrit mon premier poème à l'âge de 10 ans. Il a eu un succès dont j'étais sûr auprès de lecteurs bien plus âgés et bien plus instruits à l'époque. Mon engouement pour l'écriture en français, en arabe et même en anglais n'avait pas de limite. Mais, j'ai abandonné presque totalement cette vieille habitude à un moment de ma vie où écrire ne voulait absolument rien dire. C'était au début des années 2000. Rien n'allait plus bien que je vienne de décrocher l'emploi de mes rêves.
Cependant, je n'ai pas cessé d'écrire. J'ai seulement «monétisé» mes écrits à travers mes travaux de traduction. Lauréat d'une GRANDE ECOLE de traduction au début du millénaire, j'en ai fait un métier. Au bout d'une dizaine d'années d'expériences en traduction, je suis devenu l'un des rares traducteurs indépendants du marché. C'est un métier bien plus lucratif que l'enseignement et de loin plus instructif, mais bien moins passionnant que ma vocation première.... à suivre (le 1er septembre 2018)
AGOUJGAL, C'est qui (suite)
C'est moi, encore moi, toujours moi, égocentrique et narcissique jusqu'au plus profond de moi. Au fait, être narcissique, selon moi, n'a rien de pathologique à l'heure même où certaines pathologies et déviances avérées tombent de la liste des maladies  qui rongent non seulement les individus, mais l'humanité tout entière. Être fier de soi n'a rien d'anormal. Ne le concédez-vous pas?
Une fierté que rien, absolument rien n'altère. Une arrogance, dites-vous? Dites-vous bien qu'elle est pleinement méritée. De nos jours, ce narcissisme est révélé au grand jour. Les réseaux sociaux font que chacun se mette en avant d'une scène. Le spectacle est drôle! Tellement drôle qu'il déplaît. C'est un paradoxe! Oui c'est vrai. Les moins nantis, comme les plus lotis, s'adonnent volontiers à ce jeu de s'exprimer, de copier, de coller et de transférer tout: les choses sensées comme celles sans aucun sens. D'autres aiment ou réagissent, si ce n'est par les mots, au moins, par des émoticônes, plus expressifs pour certains, ou tout simplement requérant moins d'effort!
Je trouve génial que même les analphabètes de tout âge peuvent utiliser les réseaux sociaux. Ces informaticiens sont d'une GRANDE INTELLIGENCE. Ils sont parvenus à démocratiser très rapidement les nouvelles technologies.
Mais, c'est une chimère. C'est un leurre! On en aura la possibilité de discuter plus tard. Revenons maintenant à moi. J'ai toujours un mot à dire sur presque chaque sujet. Après tout suis-je moins instruit que toute la horde qui déballe tout et n'importe quoi sur le web?
Je trouve malheureux que des personnes qui ont leur mot à dire, disparaissent sans l'avoir fait. Soit parce qu'ils ont eu en horreur les réseaux sociaux, ou parcequ'ils se sont sentis dépassés ou tout simplement parce qu'ils ont refusé de se mêler à la racaille.
Horde, racaille, ce sont leurs mots. Je n'ai fait que traduire fidèlement leurs idées et viendra un jour où je dévoilerais le bien fondé de leurs pensées.
J'ai toujours un mot à dire, et surtout à écrire. Il y a maintenant des années que j'ai écrit une thèse et reçu un doctorat en sciences de l'éducation, au moment même où celle-ci traversait, et traverse encore, une vraie crise non seulement chez nous, au Maroc, mais partout dans le monde. Système éducatif en crise, institution de la famille en crise, finances en crise. Un cataclysme s'abat sur le monde. La révolution technologique est pointée du doigt comme la source des maux dont pâtissent les individus, la société, l'humanité...
Le monde est fou! En réalité, on est tous devenus fous. On rapporte souvent dans la rubrique de la dernière page de l'Économiste, intitulée «Un monde fou», des faits insolites. C'est une sorte de touche humoristique qui vient apaiser les esprits tourmentés d'avoir lu un ensemble d'informations déplaisantes tout au long des pages du journal en question. Au moins, on sourit en les lisant. Et parfois on a envie de dire :«Encore!», car on a déjà vu la même information sur Facebook ou WhatsApp. Ce sont ces infos futiles et inutiles que l'on partage souvent, bien trop souvent à tel point que des personnes sérieuses qui partagent ce qui mérite d'être partagé, vous demandent de transférer leurs messages importants aux autres. Car on ne transfère que ce qui est amusant, drôle et insolite.
C'est révoltant! Par manque de bon sens, de tact ou franchement parce qu'ils sont mal élevés, certains vous menacent d'aller en enfer ou d'être frappé par tous les maux du monde si vous ne partagez pas certaines prières ou des messages religieux dépourvus de sens.
C'est pour faire face à ceux-ci et à toute cette folie que j'ai décidé d'écrire. Écrire pour dénoncer ces pratiques et l'usage qu'on fait du web. Critiquer est un autre aspect me définissant bien qu'il m'ait valu l'animosité de certains et l'incompréhension d'autres. Ma franchise et mon opposition à certaines futilités, contradictions ou incoherences étaient à l'origine de problèmes aussi nombreux que complexes. Pour autant, je poursuis ma mission, je continue à décrier toute chose insensée. Seule différence, cette fois c'est par des écrits destinés à tous que cela vous plaise ou non cher lecteur...

(Safi, le 2 septembre 2018).








La supériorité, une illusion...

Les supérieurs n'existent qu'en rapport aux subordonnés. D'ailleurs, selon Alfred Adler, la supériorité n'est qu'un mécanisme de défense cachant un sentiment d'infériorité. Et l'infériorité n'a pas lieu d'être en dehors d'une supériorité supposée ou vraiment palpable! C'est une aventure que de se sentir au dessus des autres. C'est une expérience éprouvante pour ceux qui sont au dessous. Or, en réalité, la lèvre inférieure n'a rien à envier à la lèvre supérieure.
Les supérieurs n'existent pas. Ils gouvernent. Ils ont l'illusion d'un pouvoir, réellement inexistant. Ils le savent inexistant. Ce sont leurs subordonnés, ceux qui le sont et qui s'en délectent, qui créent cette illusion. Ceux-ci sont ils des esclaves nés? Hegel a la réponse.
Un supérieur n'existe que dans la mesure du possible. C'est un être bien frustré qui a reçu, dans son enfance et même à l'âge adulte, 150 gifles au moins. C'est une personne tourmentée. C'est un individu dérangé, une poule qui se veut un aigle, un chiot qui se veut un tigre. Voilà comment je considère certains responsables qui, ils le croient aussi, ne sont responsables de rien. Ils sont juste là au dessus et aux dépens des autres.

Pouvoir ne rime pas avec responsabilité. Être au pouvoir, signifie, pour eux, de ne servir personne. Mais, plutôt de s'opposer à tous les désirs d'autrui. De faire en sorte que cette personne pense que le responsable est Dieu sur terre et qu'il faudrait l'adorer au même titre que Dieu pour qu'ils soient satisfaits.
Ces supérieurs qui ne croient pas en Dieu sont confrontés à ceux qui en croient moins, ainsi qu'aux vrais croyants. Ils sont victimes de leurs croyances et se disent souvent préoccupés du sort de leurs subordonnés au cas où un nouveau supérieur les remplace. Ils sont ainsi les supérieurs: ils ne conservent jamais leurs postes. Ils sont soit promus, soit détrônés.
Jamais! Disent-ils. Ils refuseront la reddition des comptes. Car pour eux, un responsable est un être surnaturel, non éligible pour des fouilles aux aéroports et encore moins au sein même de l'administration où ils exercent. Ils sont supérieurs, se disent-ils. Ils sont au dessus de tout soupçon.
Être nommé chef, ou l'être par accident, impliquerait des responsabilités. Ce n'est pas ce qu'ils ressentent. Pour eux, être chef, c'est être servi par les autres à l'exception de ses supérieurs.
Il existe bien sûr des personnes que l'on voudrait tous placer à un rang supérieur, mais qui refusent ou qui acceptent sans jouer le jeu, sans pour autant se faire entendre comme chef. Ceux-là savent, ou pas, qu'Adler les avait bien dépeint dans «La compréhension de la nature humaine».
Fait à Safi au début du mois de septembre 2018